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Protéger le Sidobre

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Le projet de zonage éolien de la Communauté de communes Sidobre - Val d’Agout est inscrit à l’ordre du jour de la prochaine Commission départementale des sites et paysages du Tarn. Nous souhaitons faire connaître les motifs d’inquiétude que suscite ce projet aussi bien auprès des amis du Sidobre, des professionnels du tourisme, que des habitants.vue_bis_pt

Deux des trois zones proposées se trouvent dans le périmètre du Sidobre inscrit à l’inventaire départemental. La valeur patrimoniale de cet ensemble géologique, géographique et paysager est ainsi reconnue et protégée. La Commission des sites, héritière de la loi de 1906, a organisé la protection des rochers remarquables du Sidobre dès 1912 et a su ensuite préserver l’équilibre entre potentiel touristique et industrialisation du massif.

Laborieusement établie dans un passé encore récent, la coexistence entre ces deux activités, industrielle et touristique, est en lien direct avec la richesse locale : le granit. Par ailleurs, le charme du site repose sur le rapport d’échelle entre le gigantisme apparent des rochers et l’homme.

Des éoliennes, de par leur hauteur -120 m - et leur mouvement, constitueraient dans ce paysage d’exception un point d’appel incontournable et une rupture des fragiles équilibres en place. Nous regrettons que l’enjeu touristique n’ait pas été pris sérieusement en considération dans ce dossier.

Ce projet a été conduit en totale contradiction avec les directives ministérielles encadrant le développement éolien et qui visent à :
- éviter le mitage du territoire pour prévenir les atteintes aux paysages, au patrimoine et à la qualité de vie des riverains,
- favoriser une concertation locale de qualité en amont des projets,
- permettre d’écarter les projets hors critères.

Lire l’historique du projet

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Auteur : Jean-Paul Maraval
Date : 31 mars 2009 / 10:29
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Le Sidobre, patrimoine tarnais ?

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Élément du patrimoine naturel, culturel, paysager et touristique du Tarn, le Sidobre est inscrit à l’inventaire départemental des sites ; ses grands rochers, le lac du Merle, le château de Ferrières sont des sites classés.

g_ptUn projet de zonage éolien qui viserait à implanter à terme plusieurs grandes éoliennes dans un secteur préservé du Sidobre a été déposé à la Préfecture du Tarn. Il est soumis actuellement à l’avis des maires des communes avoisinantes. Un tel projet entre en contradiction avec les objectifs de protection et de requalification paysagère du Sidobre visant à préserver les espaces porteurs de paysage-référence. Ces objectifs, auxquels ont souscrit les élus locaux, figurent notamment dans la charte du Parc régional naturel du Haut-Languedoc.

Le Parc naturel régional s’est refusé à donner un avis favorable sur ces projets.

Le rapport d’étude dit s’appuyer sur le travail réalisé par la Communauté de communes Vals et Plateaux des Monts de Lacaune, mais oublie d’en rappeler les conclusions : « les sites inscrits de Ferrières et du massif du Sidobre, ainsi que le site classé du Roc de Peyremourou sont considérés comme incompatibles à l’accueil d’éoliennes. »

Quant au projet de zonage éolien du Sidobre, le rapport rappelle lui-même les règles de protection des sites inscrits et classés ; il note que « le Sidobre apparaît comme un des lieux les plus visibles selon les critères choisis par le PNR Haut-Languedoc en cas d’implantation éolienne » et qu’il faut « bien prendre en compte le Sidobre, paysage référence et élément emblématique régional ». Il signale que « les impacts sont plus importants quantitativement depuis la plaine castraise ».

Enfin, il mentionne comme seul élément d’atténuation de l’atteinte paysagère : « le caractère boisé devrait permettre de minimiser la visibilité des éoliennes ». On sait que dans le Sidobre la hauteur moyenne des bois est de 20m (les éoliennes sont 4 à 5 fois plus hautes) et que les boisements sont susceptibles de subir des coupes d’exploitation ; ils ne peuvent pas être considérés comme un obstacle visuel pérenne.

lac_merle_ptIl convient de rappeler que la procédure de classement des sites est une contrainte forte, créée au début du XXème siècle pour assurer la protection d’espaces naturels ou bâtis remarquables. Elle a été très utilisée dans le cadre de la protection de paysages, comme ce fut le cas pour le Sidobre dès 1912. Elle interdit tous travaux susceptibles de modifier ou détruire l’état ou l’aspect des lieux sauf autorisation spéciale du Préfet ou du Ministre concerné. Des dérogations pour des travaux importants peuvent être accordées sous réserve que ceux-ci ne nuisent pas à l’intérêt du site et participent à sa protection ou à sa valorisation.

Au XXIème siècle, serions-nous moins capables de sauvegarder notre patrimoine ?

L’attention des Tarnais, de tous ceux qui aiment le Sidobre, et des maires qui sont actuellement consultés, est appelée sur ce projet malencontreux de zonage éolien qui, par ses impacts négatifs, porterait atteinte au patrimoine de notre département et desservirait la cause des énergies renouvelables.

Auteur : Jean-Paul Maraval
Date : 12 décembre 2008 / 10:13
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On ne peut pas tout vouloir

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Les éoliennes sont associées pour une grande majorité de nos concitoyens à des valeurs très positives. Mises à toutes les sauces de la communication « développement durable », elles véhiculent une image vertueuse sensée racheter tous nos errements en matière d’environnement.

Malheureusement sur le terrain, l’éolien s’avère être un secteur d’activité très peu éthique.

Même si l’énergie éolienne est loin d’être la source de production électrique idéale qui nous est vendue, ce sont bien les conditions financières anormalement lucratives proposées actuellement en France qui sont à l’origine du problème, en créant une fièvre aussi déraisonnable qu’une ruée vers l’or, qui pousse industriels, développeurs et élus à la faute.

552_ptC’est-à-dire à utiliser des procédés douteux pour imposer, sans concertation des habitants et avec un souci de dissimulation, des projets à des petites communes rurales éblouies par des retombées financières à courts termes, sans mesurer les pertes en terme d’image, d’économie touristique et de qualité de vie.

C’est comme cela que l’on arrive à projeter la création de deux Zones de Développement Eolien* d’environ 200 hectares au cœur du massif du Sidobre.

Oui, le Sidobre du Tarn ! Le plateau granitique aux paysages sculptés avec ses rochers aux formes étranges et ses chaos … Le site touristique emblématique inscrit en totalité à l’inventaire du département du Tarn pour la qualité de ses paysages et riche de nombreux sites classés…

Aujourd’hui, devant la pression d’industriels éoliens, cette protection n’est même plus prise en compte.
On ne peut pas tout vouloir, certains sites sont adaptés à l’implantation de parcs éoliens et d’autres sont des sites culturels, touristiques, ou tout simplement des lieux de vie destinés à accueillir des résidents.

* Le dossier de création de ces ZDE présenté par la Communauté de communes Sidobre Val d’Agout est actuellement à l’instruction auprès des services de l’Etat.

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Eolien industriel : quelques points de débat

Le développement de l’énergie éolienne, en France, s’inscrit dans une confusion d’objectifs environnementaux détournés par des intérêts financiers. Il se fait au détriment de nos paysages et de notre cadre de vie.

Qu’est-ce que l’éolien industriel ? C’est l’installation d’aérogénérateurs d’une puissance de 2 à 5 MW portés par des mâts de 50 m à 150m et nécessitant un raccordement par câble à un poste source. Pour rentabiliser ces équipements très coûteux, il faudra un nombre conséquent d’éoliennes (beaucoup plus que ce qu’on annonce au moment de créer une ZDE).

Le recours à l’éolien industriel ne contribuera pas à une sortie du nucléaire en France. L’électricité éolienne est injectée dans le réseau d’EDF, où elle rejoint l’excédent de production nationale. De plus, cette énergie aléatoire (le vent peut tomber !) doit avoir comme complément une énergie souple à mettre en œuvre : centrales thermiques au fuel ou au gaz (on en construit de nouvelles en France, pour « accompagner » le développement de l’éolien industriel) ou l’hydroélectricité. En l’état actuel de la technique, le vent n’est pas une réponse à l’effet de serre : l’Allemagne qui est le plus gros producteur d’énergie éolienne du monde ne couvre que 4% de sa consommation par l’éolien, importe fortement de l’électricité nucléaire (française) ; ses émissions de gaz à effet de serre par habitant sont au-dessus de la moyenne européenne.

La première priorité pour l’avenir est de diminuer les émissions de gaz à effet de serre : oui, mais il y a bien plus efficace à faire que de mettre des éoliennes partout. La Suisse, qui n’a quasiment pas d’éoliennes, a des émissions par habitant une fois et demi moindre que les nôtres, et pourtant il y fait froid l’hiver (30% de la consommation d’énergie en France est liée au “confort sanitaire”, chauffage pour l’essentiel et eau chaude).

Les aides publiques doivent aller en priorité vers les économies d’énergie ; isolation des bâtiments collectifs et privés, analyse et résolution des problèmes de transport, réduction et amélioration technique des chauffages et des éclairages publics et privés, etc… Les économies d’énergie permettent d’améliorer notre pouvoir d’achat tout en contribuant à la protection de notre environnement.

Les profits de l’éolien industriel sont directement répercutés sur notre facture d’électricité : le développement des éoliennes dans notre pays repose sur un mécanisme malsain, celui d’un prix garanti au kilowatt/heure produit. La rentabilité de l’investissement est garantie. Les entreprises financières se précipitent sur cette manne. La chasse aux sites d’accueil est ouverte et des chasseurs d’opportunité sont rémunérés pour apprécier la réactivité des populations locales et l’adhésion des élus locaux appâtés par la TPU. Nous les avons rencontrés dans le Sidobre.

La Taxe Professionnelle Unifiée (TPU) sur laquelle compte nos élus n’est qu’une petite retombée financière :
moins de 2% des profits faits par les investisseurs sur le dos des usagers, au détriment de notre cadre de vie et sans qu’on ait calculé les pertes sur le plan du tourisme. Les industriels seront exonérés de TPU les premières années ; l’Etat envisage déjà d’en récupérer une partie. Et qui paiera dans 20 ans le démantèlement des éoliennes ? Quel sera le bilan financier de l’éolien industriel pour nos communes ?

Les énergies renouvelables ne se résument pas à l’éolien industriel. Le petit et moyen éolien est plus économe en investissement et en impact sur l’environnement, plus efficace pour équilibrer notre réseau électrique, peut s’installer presque partout et se raccorder au réseau basse et moyenne tension. Il existe de nombreuses autres réponses techniques : solaire, méthanisation, énergie bois… La plupart de ces solutions font appel à la responsabilité des acteurs locaux et favorisent l’activité économique locale. Ce qui n’est pas le cas de l’éolien industriel.

Les projets d’aménagement ayant un impact sur l’environnement doivent être objet de débat public. Il n’est pas acceptable que des projets d’envergure (zonages éoliens couvrant des centaines d’hectares et prévoyant l’implantation de dizaines de grandes éoliennes – entre 50 et 100m de haut) soient élaborés dans le cercle fermé des élus, des techniciens et des administrations. Nous avons droit à l’information et à un vrai débat public.

Les enquêtes publiques interviendront trop tard pour freiner les implantations d’éoliennes : le permis de construire aura été déposé, les promoteurs auront déjà engagé d’importants frais d’études et pris des engagements avec les propriétaires, les banques, les fournisseurs ; les propriétaires qui auront signé des promesses de bail souhaiteront qu’elles soient honorées ; les collectivités seront pressées d’obtenir les recettes de la TPU…

Les Parcs naturels régionaux ont été créés pour préserver et valoriser le patrimoine naturel en particulier. Leurs chartes sont des documents contractuels établissant notamment des objectifs de protection de la nature dans lesquels doivent s’inscrivent les énergies renouvelables. Ces chartes définissent les espaces naturels à protéger, sur lesquels des projets éoliens seraient incompatibles avec leurs objectifs de préservation.

Les éoliennes sont de beaux objets industriels, mais « hors norme » dans nos paysages. Les spécialistes paysagers le reconnaissent : « les dimensions des éoliennes et leur mouvement en font des équipements “hors norme” et des points d’appel dont l’impact paysager éloigné ne peut être pris en considération seulement dans le cadre classique des procédures existantes » . .. L’attractivité touristique de notre région repose sur la qualité de ses paysages, de ses sites naturels, classés et inscrits au patrimoine départemental. Nos visiteurs y recherchent autre chose que l’ambiance urbaine et industrielle qu’ils connaissent à longueur d’année. Ces espaces de silence, de respiration et de diversité sont une vraie richesse, nécessaire pour les hommes et les femmes d’aujourd’hui et de demain.

Où en est-on dans le Parc naturel régional du Haut-Languedoc ?
Actuellement 70 grandes éoliennes sont déjà installées entre Tarn et Hérault. D’ici un à deux ans, en prenant en compte les autorisations accordées ou en cours, 250 éoliennes puis plus de 500 éoliennes d’ici 5 ans, si tous les projets des investisseurs aboutissent.

Ne sacrifions pas nos paysages et notre cadre de vie. Demandons une véritable politique qui ne soit pas dictée par des considérations financières à court terme, mais qui intègre les économies d’énergie, l’activité économique locale, la qualité de vie des habitants et l’ensemble des facteurs environnementaux.
Sidobre Debout (Association loi 1901)
Collectif des habitants pour la défense du Haut-Sidobre

Auteur : Jean-Paul Maraval
Date : 12 novembre 2008 / 14:05
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